Identifier les troubles « dys »

Ces troubles sont durables, mais leur prise en charge permet d’améliorer et/ou de compenser les fonctions déficientes.

Comprendre ces troubles

Différents troubles de l’apprentissage se manifestent chez des enfants qui ont une intelligence et un comportement social normal et qui ne présentent pas de problèmes sensoriels (vue, ouïe). Ces enfants éprouvent des difficultés à apprendre à lire, à écrire, à orthographier, à s’exprimer ou encore à se concentrer. Les aires cérébrales sont impliquées, les manifestations et les prises en charge sont différentes selon les troubles.
Cependant, l’association de plusieurs de ces troubles (deux ou plus) est fréquente chez un même enfant : cela suggère l’existence possible d’un mécanisme commun qui serait à l’origine de ces dysfonctionnements, vraisemblablement au cours du développement. Cette piste est actuellement explorée par les chercheurs.

Dans près de 40 % des cas, un enfant concerné par les troubles DYS présente plusieurs types de troubles des apprentissages. La dyslexie ou la dyscalculie sont fréquemment associées à des troubles de la coordination motrice (dyspraxie) ou de l’attention. En outre, un problème de langage oral (dysphasie) est associé à un risque de dyslexie dans 50 % des cas.

Les troubles de la lecture et de l'écriture: la dyslexie et la dysorthographie
Après le début de l’apprentissage de la lecture au cours préparatoire, la dyslexie se manifeste par une mauvaise association entre graphèmes (signes écrits) et phonèmes (sons), ainsi que par une incapacité à saisir rapidement un mot dans sa globalité. L’enfant déchiffre lentement et fait des erreurs. Entre 3 et 5 % des enfants seraient concernés. Ce trouble est très souvent associé à la dysorthographie (difficulté à maitriser l’orthographe). D’ailleurs, on ignore s’il existe des formes de dysorthographie indépendantes de la dyslexie. Ces dysfonctionnements sont souvent liés à un mauvais développement phonologique en amont de l’apprentissage de la lecture (difficultés à discriminer les sons proches, faible conscience phonologique) et/ou à des problèmes dans le traitement orthographique (confusions et inversion de lettres, mauvais codage de la position des lettres). Ces déficits entraînent une mauvaise connectivité au sein du réseau de la lecture, entre l’aire de la "forme visuelle des mots" située dans le lobe occipital temporal gauche et les aires du langage situées dans le lobe temporal (Wernicke) et frontal (Broca).
Les troubles des activités numériques : la dyscalculie
Les enfants atteints de dyscalculie ont une mauvaise perception des quantités numériques (sens du nombre), socle sur lequel se construisent les raisonnements logico-mathématiques. Ils peuvent aussi rencontrer des difficultés de mémorisation et d’apprentissage des tables d’addition et de multiplication. La dyscalculie a été associée à des anomalies de la région pariétale inférieure gauche.
Les troubles spécifiques du développement moteur : la dyspraxie
Les enfants dyspraxiques ont des difficultés à planifier, à programmer et coordonner des gestes complexes. Ils ne peuvent pas automatiser un certain nombre de gestes volontaires, notamment l’écriture (ce qui entraîne une dysgraphie). Ces enfants contrôlent laborieusement le dessin de chaque lettre, ce qui absorbe une grande partie de leur attention et les empêche de prêter attention aux autres aspects (orthographe, sens des mots...). La prévalence de la dyspraxie est évaluée à environ 5 à 7% des enfants de 5 à 11 ans. La dyspraxie est souvent associée à des anomalies de la perception Visio-spatiale et à des troubles d’organisation du regard qui perturbent l’appréhension de l’environnement par l’enfant.
Les troubles du développement du langage oral : la dysphasie
Les enfants atteints de dysphasie ont des difficultés à s’exprimer oralement. Cette difficulté peut se présenter sous des formes diverses : paroles indistinctes, troubles de la syntaxe, paroles mal construites. Un trouble du langage oral est important à prendre en considération avant 5 ans, si possible dès 3 ans. Ce trouble est souvent prédictif de l’apparition d’une dyslexie ultérieure. D’après les estimations, environ 2 % des enfants présenteraient ce trouble.

Comprendre les troubles de l'attention

TDA/H
Les enfants présentant des troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité, ont des difficultés à se concentrer et à soutenir leur attention lors d’une tâche ou d’une activité particulière, ceci en dépit de leur bonne volonté. Ce trouble conduit à de nombreuses erreurs d’inattention, à un travail inabouti, au non respect des consignes et à une mauvaise organisation. Ces troubles seraient présents chez environ 3 à 5% des enfants.
Le corps enseignant a souvent du mal à identifier ce trouble, ce qui le conduit à considérer l'enfant comme un élève inintéressé.
L'enfant voit alors sa confiance et son estime baissées. Il est donc important d'accompagner celui-ci.

Comprendre l’enfant ou l’adolescent précoce

L’enfant précoce n’est pas uniquement un enfant quantitativement plus intelligent, mais un enfant qui dispose d’une forme d’intelligence qualitativement différente. Son fonctionnement cognitif, ses procédures de raisonnement, sa perception et son analyse de l’environnement sont significativement différents ce qui engendre un décalage important face à l’école.
Ses capacités sensorielles sont particulièrement développées, d’une grande sensibilité et d’une émotion exacerbée. Son fonctionnement engendre une lucidité acérée sur les doubles plans intellectuel et affectif. Le sentiment d’être différent est plus ou moins douloureux mais présent.
La prégnance affective est très importante. Si elle n'est pas atteinte avec le corps enseignant, l'enfant peut rentrer en situation d'échec scolaire. A l'inverse, l'enfant peut se surpasser.
Etre précoce, c’est une façon d’être au monde, avec une grande puissance de pensée, une intelligence acérée et une immense sensibilité : Une force fragile.

Dossier réalisé en collaboration avec Caroline Huron, laboratoire de Neuroimagerie cognitive (unité 992 Inserm-CEA), Johannes Ziegler, laboratoire de Psychologie Cognitive( UMR7290 CNRS) et Michel Habib, neurologue à l’hôpital La Timone à Marseille, centre de référence des troubles de l’apprentissage Résodys